Pourquoi les PME se financent par le crowdfunding ?

Pourquoi les PME se financent par le crowdfunding ?

De plus en plus de PME se tournent vers le financement participatif pour financer leurs besoins et leur développement. En se finançant par le crowdfunding, elles permettent à des investisseurs privés ou publics de diversifier leurs placements moyennant des taux d’intérêts compris généralement entre 4% et 10% par an. Ces financements peuvent prendre la forme de prêt rémunéré mais également d’emprunt obligataire. Mais pourquoi les PME se financent sur les plateformes de financement participatif, acceptant des taux d’intérêts beaucoup plus élevés qu’un financement bancaire ?

Financement des PME : le maître mot est la diversification

Un investisseur averti qui dynamise son épargne sur des produits financiers diversifie ses placements pour optimiser ses potentiels de gains et réduire son exposition au risque. Pour les entreprises, la logique est la même, le maître mot étant la diversification de ses sources de financement.

Certains acteurs du marché opposent régulièrement les emprunts bancaires et les emprunts participatifs. Or, on oublie souvent que ces deux modes de financement sont complémentaires. En effet, une entreprise se doit de diversifier ses partenaires financiers, piliers de la solidité financière et gages de confiance auprès des parties prenantes.

L’emprunt participatif peut alors venir compléter un emprunt bancaire ou une levée de fonds en capital. Dans le premier cas, bon nombre de PME ont plusieurs partenaires bancaires, et le financement participatif est un moyen comme un autre de diversifier ses relations, surtout lorsque les banques peinent à financer la totalité d’un besoin ou lorsque celui-ci n’est pas couvert par un engagement bancaire, notamment lorsqu’il s’agit d’un besoin intangible de type développement commercial. Dans le second cas, une levée de fonds en capital tend à diluer les actionnaires existants, le financement participatif par emprunt est alors un moyen d’atténuer cette dilution, c’est une source de financement complémentaire. La finance participative est donc un nouveau mode de financement permettant aux PME de diminuer leur dépendance vis-à-vis de banques et des actionnaires.


Une profondeur de l’emprunt plus importante

Souvent, les PME pâtissent de financements incomplets, dus aux contraintes des banques qui se doivent de respecter des ratios d’engagement en matière de fonds octroyés. Ainsi, le financement participatif offre une profondeur de marché que n’offrent pas les banques. Lorsqu’une plateforme de crowdfunding est Conseiller en Investissements Participatifs (CIP), c’est-à-dire une plateforme agréée par l’Autorité des marchés financiers, elle permet aux PME de se financer jusqu’à 2.500.000 € sans avoir à viser un prospectus AMF d’appel public à l’épargne. Contrairement aux banques, la seule limite d’engagement d’une plateforme de crowdfunding, c’est son analyse du risque par rapport au niveau d’endettement supplémentaire acceptable combiné au nombre et à l’appétit des investisseurs.


Un mode de financement adapté aux besoins des PME

4% à 10% de taux d’intérêt pour une entreprise qui se finance sur une plateforme de crowdfunding, c’est élevé. Mais alors, pourquoi nombre d’entre elles se tournent vers ce mode de financement ? La réponse est simple : ce mode de financement est souple et couvre parfaitement tous les besoins d’une entreprise, souvent sans caution ni garantie, sans oublier que le coût d’une campagne de financement participatif intègre également le bénéfice d’une communication et d’un relais de l’information visant à augmenter la notoriété d’un produit ou d’une entreprise.

Le principe même de l’activité bancaire étant de ne pas prendre de risque, de sécuriser un prêt par des garanties ou des nantissements sur actifs, il est difficile pour les banques de financer des besoins immatériels. C’est sur les besoins suivants que les entreprises voient en la finance participative une solution jusqu’à présent non adressée par les acteurs financiers classiques, quitte à payer un taux d’intérêt plus élevé :
⦁ Besoin en fonds de roulement
⦁ Financement des variations de stocks
⦁ Financement du développement commercial
⦁ Financement de la recherche et de l’innovation
⦁ Besoin de recrutements
⦁ Frais généraux, frais juridiques, frais administratifs

Pour la majorité de ces besoins, il existe des solutions en capital, des fonds d’investissement d’amorçage, de développement, par secteur, par phase de maturité etc. Mais le prix à payer, outre le taux de rendement attendu par les actionnaires, est l’ouverture ou la dilution capitalistique. Le financement participatif, et notamment le crowdfunding obligataire, est alors une solution non-dilutive, complémentaire ou à part entière.

De plus, l’étude d’Investbook « Banque vs Crowdfunding » a permis de mettre en exergue un point crucial dans le choix du crowdfunding comme outil de financement des PME : la durée d’obtention des prêts via le crowdfunding est beaucoup plus rapide que celle des banques. En effet, lorsqu’une banque met 1 à 3 mois pour donner son accord de financement, les plateformes d’investissement participatif sont capables de répondre en moyenne en 3 jours.

Enfin, lorsque les banques ne regardent que trop souvent des bilans linéaires qui ne sous-tendent aucune question, sans perte, sans activité qui sort de l’ordinaire, sur des entreprises traditionnelles voire historiques, les plateformes de crowdfunding savent quant à elles regarder des sociétés innovantes, qui ont investi et qui montrent donc des résultats passés négatifs, elles savent regarder et comprendre des sociétés qui se démarquent par leur capacité à se projeter vers l’avenir. Plus exactement, ce n’est pas que les banques ne savent pas comprendre ces sociétés, c’est que cela ne fait pas parti de leur politique ou de leur ADN. Une banque préfèrera financer un pressing (avec une garantie sur les machines bien entendu) plutôt qu’une société de conseil en nouvelles technologies par exemple. Mais alors, si les plateformes de crowdfunding permettent de financer tous type d’entreprise, quel en est le prix ? Le risque se traduit dans le taux d’intérêt relativement élevé, c’est la contrepartie de la flexibilité.


Une source de financement non dilutive

Les PME qui empruntent sur une plateforme de crowdfunding obligataire notamment, préfèrent panacher leur financement entre des capitaux propres et de la dette. Car en effet, pourquoi demander la totalité d’un financement en capital auprès des business angels ou des fonds d’investissement ? Surtout que nous l’oublions trop souvent, mais les capitaux propres ne resteront pas indéfiniment aux mains des mêmes actionnaires, ces derniers sont voués à être remboursés tôt ou tard, et ils attendent généralement un retour de 15 à 25% par an. Alors le capital coûte bien plus cher que de la dette, tout en diluant les dirigeants. Compléter un financement par de la dette obligataire, c’est rester maitre de son actionnariat, c’est aussi garder la main sur le pilotage de sa société.

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